Le projet de Recyclerie à Domicile
L'ATELIER SOLIDAIRE propose un service alternatif de réemploi, spécialisé GEM (gros électroménager), adapté à son territoire (la CALL) et à ses habitants, pour réduire les déchets électriques (DEEE) et retarder leurs entrées en déchetteries. Son action complète celle des structures et des initiatives déjà existantes, en ciblant des appareils qui ne seraient jamais réemployés autrement.
En effet, dans le meilleur des cas, les recycleries ne s'intéressent qu'à 20% à 40% des GEM déposés en déchetteries :
- Les recycleries spécialisées vont collecter les appareils à forte valeur de revente (collecte dans les 10% à 20% du gisement, dans la tranche des appareils les plus jeunes),
- Les recycleries multiflux collectent des appareils susceptibles d'être encore en état de marche et mis au rebus pour raison esthétique (trop vieux mais marche encore, collecte dans les 10% à 20% du gisement, dans les tranches d'âges hautes).
- Entre les deux, 60% à 80% du gisement est directement exclu du réemploi, et ils ont un point commun : ces appareils ont tous été jetés en panne.
CONSTAT : Le modèle économique des recycleries montre ici ses limites, et l'offre traditionnelle de la réparation favorise surtout le renouvellement. Il faudrait un service hybride de recyclerie à domicile, qui dépasse les freins du consommateur pour la réparation, qui sont :
- Le déplacement : un appareil GEM pèse 50kg en moyenne - pas pratique, ni évident de le déplacer ;
- Le prix : selon l'ADEME, au-delà de 33% du prix du neuf, le consommateur rachète mais ne répare pas - Il faut une offre que seule l'ESS peut apporter.
Du coup, L'ATELIER SOLIDAIRE "réemploie à la source", c'est-à-dire avant la mise en déchetterie, à domicile, et grâce à l'acquisition de savoirs-faire et savoirs-être, qui semblent parfois perdus des professionnels :
- réalisation de diagnostics qui excluent dès le départ et par principe, le remplacement et la vente d'un nouvel appareil,
- réparation au composant des groupes de pièces et recherche de la maîtrise de l'électronique,
- optimisation des coûts de réparations (préférence des marques alternatives, on ne change pas une pièce qui fonctionne pour vendre...)
- création de lien de confiance (l'adhérent est membre de l'asso, pas un client ; les problèmes SAV ne sont ni fuis, ni cachés, mais assumés à son bénéfice...)
Quant à l'offre :
- les diagnostics sont gratuits pour faire sauter la peur de payer pour rien, mais aussi pour permettre à nos futurs techniciens de se former ;
- Les prix des réparations donnent envie de réparer plutôt que de racheter ;
- L'adhésion responsabilise les habitants pour une consommation plus vertueuse et écologique des appareils électriques.